RIO +20 :La France s’engage

Les enjeux en matière d’économie verte et inclusive (ou équitable) à Rio +20

À l’heure où les périls auxquels doivent faire face l’homme et la nature s’aggravent chaque jour, il nous faut rechercher les voies d’un développement durable pour l’ensemble de la planète. C’est la raison pour laquelle le premier défi de Rio+20 sera d’initier la transition vers une économie verte et inclusive.

Cette économie verte et inclusive doit à la fois concilier croissance économique, progrès sociaux et réponse aux grands défis environnementaux, et mieux intégrer les trois piliers du développement durable : l’environnemental, l’économique et le social.

Rio+20 se doit de proposer des avancées sur l’économie verte et inclusive à l’heure où ce concept s’impose dans les discussions d’experts et dans les négociations internationales, notamment au G20.

La France s’engage à Rio +20 en matière d’économie verte et inclusive

La France, avec ses partenaires européens, s’engage en faveur de résultats concrets et tangibles sur l’économie verte et inclusive à Rio+20 :

- un engagement mondial et une compréhension commune de l’économie verte et inclusive ;

- une feuille de route des Nations unies pour une économie verte, qui clarifiera les étapes et fédèrera les efforts aux niveaux national et international ;

- une boîte à outils ou guide des meilleures pratiques qui traduira le concept d’économie verte et inclusive en actions ;

- un jeu d’indicateurs qui, au-delà du PIB, mesureront les progrès en faveur du développement durable, dans la lignée des recommandations de la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi.

Les enjeux en matière de gouvernance à Rio +20

Pour doter le développement durable d’un socle solide et pérenne pour affronter les défis futurs, il est essentiel d’arriver à un résultat ambitieux sur le cadre institutionnel du développement durable, l’un des deux thèmes officiels de Rio+20.
En effet, les piliers social, économique et environnemental du développement durable sont complémentaires mais le cadre institutionnel existant peine à mettre en œuvre les synergies nécessaires.

Par ailleurs, le pilier environnemental est trop faible : il est indispensable de le doter d’une capacité d’impulsion politique et de pilotage à la hauteur des enjeux. Ce diagnostic est très largement partagé : c’est la raison pour laquelle la France s’engagera avec détermination à Rio+20 sur ce sujet.

La France s’engage à Rio +20 en matière de gouvernance

La France, avec ses partenaires européens, s’engage pour un résultat ambitieux sur la gouvernance à Rio+20. Elle défend :

- le renforcement de la gouvernance internationale de l’environnement par la transformation du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en agence spécialisée des Nations unies pour l’environnement basée à Nairobi ;

- le renforcement la gouvernance internationale du développement durable dans son ensemble.

Ces réformes doivent être l’occasion de mieux mettre en valeur, au sein du nouveau cadre institutionnel, la place de la société civile et des acteurs non étatiques. C’est une question de démocratie mais aussi d’efficacité.

Les enjeux en matière de biodiversité à Rio +20

Tout autant que l’eau ou l’air, la biodiversité est essentielle à la vie et au bien être de tout être humain. C’est elle qui nous fournit de quoi nous nourrir, nous vêtir, ou nous soigner. Elle nous rend d’innombrables services comme la régulation du climat, l’atténuation des catastrophes naturelles, la lutte contre l’érosion des sols.

Pourtant, partout sur la planète, la biodiversité est menacée par les activités humaines. Les Etats Parties à la Convention sur la diversité biologique se sont donné une stratégie pour enrayer cette dégradation. Le Sommet de Rio+20 doit être l’occasion de proposer des voies pour avancer dans ce sens.

Les forêts, quant à elles, concentrent des enjeux globaux considérables en matière de biodiversité et de lutte contre l’effet de serre et concentrent à ce titre l’attention de tous à l’approche de Rio+20. La gouvernance des enjeux forestiers internationaux reste à ce jour très parcellaire et devrait bénéficier indirectement des réformes envisagées à l’approche de Rio en matière de gouvernance internationale de l’environnement au sens large.

La France s’engage à Rio +20 en matière de biodiversité

La France et l’Europe s’engagent à renforcer la prise en compte de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes dans toutes les politiques publiques. Pour ce faire, elles proposent un partenariat mondial, associant la société civile, et le développement de nouveaux indicateurs complémentaires du PIB. Il s’agira, en particulier de mesurer la valeur économique du capital naturel, d’intégrer cette valeur du capital naturel dans les comptes nationaux et de promouvoir l’investissement dans le capital naturel.

Concernant le secteur des forêts, la France :

- défendra la vision de la gestion durable des forêts adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2007 ;

- confirmera son engagement en tant que partie prenante active du plan d’action FLEGT de l’Union européenne concernant l’exploitation illégale et le commerce du bois, et du mécanisme REDD+ pour la lutte contre la déforestation mis en place à l’occasion du Sommet de Copenhague sur le climat ;

- fera également valoir son expérience et ses perspectives au sujet des forêts tropicales en présentant un certain nombre de projets emblématiques et en diffusant un ouvrage collectif de l’ensemble des acteurs français (publics, privés, universitaires et associatifs).

Les enjeux en matière d’eau et d’assainissement à Rio +20

La communauté internationale doit renouveler, à Rio, ses engagements concernant l’eau et l’assainissement. Alors que l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement reste un défi pour lutter contre la pauvreté, les pressions démographiques, économiques et climatiques affectent les ressources en eau, en qualité et en quantité. Les conclusions de la conférence des Nations unies pour le développement durable Rio+20 doivent intégrer ces dimensions transversales et appeler à une gestion de l’eau durable, responsable et équitable.

Les priorités de la France pour Rio +20 en matière d’eau et d’assainissement

Troisième bailleur bilatéral pour les actions touchant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, la France a plus que doublé son aide au développement depuis 2002 dans ce secteur (600 millions d’euros par an aujourd’hui).

Elle a accueilli le 6ème Forum mondial de l’eau du 12 au 17 mars 2012 à Marseille et s’est engagée à en porter les conclusions à la conférence Rio+20, en particulier à travers les 3 priorités politiques qui sont au cœur de sa propre politique de l’eau :

- accélérer la mise en œuvre du droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, avec un accent particulier sur la gestion des eaux usées ;

- accroître la cohérence des politiques de l’eau, de l’énergie et de la sécurité alimentaire pour optimiser leur contribution à l’économie verte ;

- mieux intégrer l’eau dans le cadre institutionnel du développement durable dans l’agenda post 2015.

Les enjeux en matière d’énergie à Rio +20

L’énergie est au cœur des problématiques de développement humain, social, économique et durable. L’accès à des sources sûres et durables d’énergie est une condition indispensable pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Cette dimension doit être davantage prise en compte par la communauté internationale dans le cadre de Rio +20. L’adoption d’un objectif de développement durable "énergie" peut y contribuer. L’appui renforcé à l’accès à des services énergétiques innovants, fiables et abordables, aux énergies renouvelables ainsi qu’à l’efficacité énergétique est un facteur déterminant pour la croissance verte.

Les enjeux en matière de financements innovants pour le développement à Rio +20

Les financements innovants pour le développement (FID) sont nés d’un constat. Les sommes allouées par les États au titre de l’aide publique au développement (APD) ne seront pas suffisantes pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Évoqués pour la première fois à la Conférence des Nations unies sur le financement du développement de Monterrey (2002), ils sont reconnus depuis comme des mécanismes plus stables, plus prévisibles et plus pérennes permettant de générer des ressources complémentaires à l’APD traditionnelle.

À ce jour, les financements innovants mis en place ont d’ores et déjà permis de mobiliser près de six milliards de dollars de financements complémentaires, stables et prévisibles.

La conférence de Rio+20 devrait être l’occasion de poursuivre le débat onusien sur ce thème.
La France s’engage à Rio +20 en matière de financements innovants pour le développement

La France a été à l’initiative de la création d’un Groupe Pilote sur les FID en 2006. Cette plateforme de discussion et d’échange d’informations, qui rassemble sur une base informelle des États pionniers dans la recherche de FID, des organisations internationales et des ONG, est aujourd’hui la principale enceinte de discussion et de proposition sur les FID.

À Rio, la France portera un message fort à l’occasion d’un événement de haut niveau organisé avec les 63 pays du Groupe pilote et les Nations unies. Des personnalités internationales y présenteront des expériences réussies de financement innovant. Ce sera également l’occasion de présenter toutes les options discutées lors des réunions du G20 :
- les mécanismes de marché ;
- les instruments de garantie ;
- les contributions citoyennes ;
- les taxes sur les activités mondialisées dont fait partie la taxe sur les transactions financières.


Site de référence :

Sommet RIO+20

Dernière modification : 28/06/2012

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