Les « Chasseurs du Mali » à l’affiche de l’IFC, du 12 juin au 26 juillet 2012

Visages de bronze, vêtements et cheveux empesés de poussière, amulettes, grigris, vieux fusils, serpents pythons portés en sautoir, hyènes tenues en laisse : ils posent tels qu’en eux-mêmes, ces chasseurs et initiés du Mali, dans l’évidence tranquille d’une tradition qui depuis des siècles a fait cohabiter l’islam avec les pratiques magiques et mystiques de l’animisme africain.

Force du sujet, puissance du regard

Déjà présentée à Paris, à la Maison européenne de la photographie, et à l’Institut français du Gabon, la très belle exposition de Philippe Bordas est actuellement à l’honneur dans le grand hall de l’Institut français du Congo. Elle offre au visiteur une série de très grands portraits, tour à tour apaisants, par l’impression de force et de concentration qu’ils dégagent, ou inquiétants, par la violence implicite dans laquelle ces vies semblent s’inscrire. Ces clichés monumentaux nous plongent en effet dans un monde inconnu, opaque et fantasmatique dont le photographe a réussi à saisir toute l’étrangeté, mais aussi la beauté et la surprenante délicatesse.

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Une Afrique mystique et fantasmatique

« Couverts d’amulettes et de talismans, armés de fusils d’un autre temps, ces chasseurs sont la mémoire intacte du Moyen-âge africain et de ses très anciennes sociétés initiatiques. Ils obéissent aux mêmes lois que les cavaliers et soldats du Soundjata Keïta (1190-1255) et transmettent l’histoire orale de son empire, qui s’étendait du Sahara jusqu’à la forêt équatoriale, de l’Océan Atlantique à la Boucle du Niger.
Ils forment une confrérie initiatique où les hommes sont recrutés par cooptation, sans considération de naissance, d’origine ou de classe. Ils sont à la fois l’autorité villageoise, les dépositaires de la justice, d’une tradition culturelle, et les maîtres des savoirs. Face à la corruption et au chaos générés par le néo-colonialisme et par la mondialisation, la puissance transnationale des chasseurs traditionnels constitue l’un des socles spirituels de l’Afrique ».

Journaliste, écrivain et photographe

A l’image de ses chasseurs, qui parcourent l’Afrique de l’Ouest sans se soucier des frontières, Philippe Bordas traverse les arts et les disciplines avec aisance, gardant en permanence un regard aiguisé sur le monde. Il a été journaliste cycliste (pour le journal de référence l’Equipe), réalisateur de films (Le Grand combat), écrivain (Forcenés, L’Invention de l’écriture).
La magnifique exposition "Chasseurs du Mali", qui sera présentée à l’Institut français du Congo entre le 12 juin et le 26 juillet 2012, le confirme à coup sûr comme un très grand photographe.

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Dernière modification : 05/03/2014

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