La langue française à l’honneur

« A l’âge des équinoxes, quand nous aurons la peau des équateurs
Et à l’horizontale Afrique, notre cœur battra les Europes ».
Ou : « J’ai réollé la mort pour dire le subjonctif des enfants »

Telles sont quelques unes des étonnantes fulgurances poétiques que nous a réservée, cette année encore, la lecture des textes inspirés aux jeunes Congolais par le Concours des "Dis-moi dix mots ".

Un film chaque soir

L’Institut français du Congo a programmé à Brazzaville, et avec une coloration cette année résolument « nordique », une semaine « ciné-club et francophonie ».
De « Hôtel du nord » à « Cyrano de Bergerac », en passant par « Les Invasions barbares » ou le film belge « Eldorado », chaque film était introduit d’abord par une présentation « en slam » , puis par un exposé de contextualisation plus particulièrement centré sur la qualité des dialogues ou sur un fait de langue particulier . Les conférenciers ont ainsi examiné successivement la question des accents, la structure des célèbres répliques d’Henri Jeanson dans les films de Carné, l’argot réinventé de Michel Audiard dans « Les Tontons flingueurs », la verve éblouissante de Cyrano dans la pièce de Rostand ou encore les distorsions, les effets d’emprunt ou de création lexicale dans ce qu’on appelle le langage des banlieues, tel qu’il est représenté dans « La Haine » de Mathieu Kassovitz.

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L’Ambassadeur de France a présenté le film "Cyrano de Bergerac", de Jean-Paul Rappeneau
On rappellera pour mémoire qu’en 2011 c’étaient d’une part les dialogues de Jacques Prévert dans « Le Roi et l’oiseau » de Paul Grimault et d’autre part les particularismes lexicaux de Côte d’Ivoire, dans « Bal poussière » – le joli film d’Henri Duparc - qui avaient fait l’objet de telles explorations, respectivement pour l’ouverture et la clôture de la Semaine de la langue française.

Des conférences, une soirée musicale

Figure incontournable de la sociolinguistique, discipline qu’il a contribué à créer en France, le professeur Louis-Jean Calvet, de l’Université Aix-Marseille, a exposé devant le public de Pointe-Noire le principe de son baromètre des langues, outil conceptuel fondé sur l’analyse et le traitement statistique en vue de rendre compte de phénomènes comme le plurilinguisme, l’expansion ou la disparition des langues. Jean-Alexis Mfoutou, sociolinguiste et lexicographe, a de son côté donné une conférence sur Le français au Congo. La programmation s’est conclue, en musique, avec la soirée « La francophonie en chansons » .

Des concours, un hommage

Cette année encore un concours de slam et le concours « Dis-moi dix mots qui te ressemblent » ont été proposés aux jeunes utilisateurs de l’Institut français. Si la très grande majorité de ces textes se présentaient comme des poèmes, on constate que le thème de la guerre civile, l’inspiration amoureuse, la célébration du rôle de la femme dans la société africaine, sont des préoccupations qui reviennent souvent sous la plume de ces jeunes auteurs.

Une quinzaine de jours après la terrible explosion d’un dépôt de munitions à Brazzaville, les manifestations de la Semaine de la langue française ont de fait marqué la réouverture officielle de l’Institut français.
Elles ont été l’occasion de présenter au public le message de condoléances que la coopération culturelle française a souhaité adresser aux victimes de la catastrophe, à travers la commande d’une illustration symbolique effectuée auprès d’un atelier de jeunes dessinateurs et graphistes congolais. Allégorie de la renaissance, de la reconstruction et de l’espoir, « L’Arbre des demains » est également présent sur le site de l’Institut et dans le programme imprimé du mois d’avril.

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Message d’espoir, l’Arbre des demains, est une commande passée par l’Institut français du Congo à l’agence GraphiK’Noir, en hommage aux victimes de la tragédie du 4 mars.

Liens utiles :
Pour en savoir plus sur les conférences de Louis-Jean Calvet et de Jean-Alexis Mfoutou : http://www.ccf-pointenoire.org/?p=2814

Dernière modification : 29/03/2012

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