Journée nationale de sensibilisation contre les faux médicaments (10 décembre 2015) Allocution de M. Jean-Pierre VIDON, Ambassadeur de France en République du Congo

Monsieur le Ministre de la Santé et de la Population,
Monsieur le Président de l’Ordre des Pharmaciens du Congo,
Monsieur le Président du Syndicat des Pharmaciens du Congo,
Monsieur le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme,
Chers participants,

Contre le trafic de faux médicaments, le Président Jacques Chirac, le Président Boni Yahi, le Président Denis Sassou N’guesso et plusieurs autres chefs d’Etats, ont lancé, le 12 octobre 2009 à Cotonou, un Appel international. Ce message politique, dont certains d’entre vous ont été les témoins directs, a été perçu comme un encouragement aux professionnels de la santé, et aux différentes administrations concernées, à coopérer pour appliquer ou créer les conditions législatives et normatives permettant de lutter contre les faux médicaments.

La Fondation Chirac, comme vous le savez, poursuit la mobilisation des acteurs afin d’élaborer, à un niveau international, une réponse juridique globale à un problème global, et, à un niveau national, pour faire collaborer la société civile et les services de l’Etat en faveur de cette cause de santé publique.
Cette mobilisation a l’ambition, à terme, d’atteindre trois objectifs majeurs liés à ce trafic :
Premièrement, pallier le manque d’informations afin d’éveiller les consciences :
Les comportements d’achat doivent changer. Pour que l’accès à la santé soit banalisé, même pour les populations les plus pauvres, il est essentiel de les informer sur les médicaments génériques de qualité, disponibles à un coût inférieur dans les circuits publics et privés.
Il est impératif, aussi, d’informer systématiquement les pharmaciens d’officine qui doivent prévenir les patients sur les dangers des faux médicaments.

Depuis l’Appel de Cotonou, la fondation Chirac mène une campagne de mobilisation internationale au plus haut niveau. Cette campagne de plaidoyer international a pour objectif de faire progresser la thématique des faux médicaments parmi les priorités des chefs d’Etat et de Gouvernement, ainsi que des organisations internationales et des différents partenaires techniques et financiers concernés par la lutte contre les trafics, la qualité des médicaments sur le marché, et le renforcement des capacités des administrations.

Le 14 septembre 2015, comme vous l’avez sûrement suivi, une vaste campagne a été lancée par la Fondation Chirac, sur les médias partenaires de cet événement : France Médias Monde à travers RFI (et ses 250 radios locales partenaires) et France 24, TV5Monde, les chaînes Trace, BBlack et Ubiznews.

Les spots radio et télé, dans leur ensemble, peuvent être mis à la disposition de tous les médias, en particulier des médias locaux, qui souhaiteront les diffuser.

Deuxième objectif, former des techniciens de laboratoires de contrôle de la qualité :
Pour permettre le bon fonctionnement des laboratoires et en assurer la pérennisation, il est essentiel de former des personnels sur le terrain et de leur fournir les ressources nécessaires.
C’est ainsi que des méthodes de test rapide ont été développées, et que des outils ont été mis sur le marché comme les Minilab qui sont distribués par des projets de terrain aux pays qui en font la demande. Ces laboratoires mobiles sont très utilisés, en particulier pour tester les antipaludiques, qui sont fréquemment contrefaits ou de très mauvaise qualité.

Troisième objectif, élaborer un instrument répressif afin de réglementer la distribution de médicaments et de renforcer le droit des malades pour un accès aux médicaments de qualité contrôlée :
Il s’agit de mettre en application des législations devant fédérer les acteurs de la santé (les pharmaciens d’officine et les conseils de l’ordre des pharmaciens, les laboratoires…) et les acteurs du contrôle administratif et technique (services de police et de douane) pour sécuriser la chaîne de distribution des médicaments.

C’est ainsi que le Conseil de l’Europe a élaboré une convention internationale qui constitue un instrument juridique contraignant dans le domaine du droit pénal, en criminalisant la contrefaçon mais aussi la fabrication et la distribution de produits médicaux mis sur le marché sans autorisation ou en violation des normes de sécurité : il s’agit de la Convention MEDICRIME.

La contrefaçon de produits médicaux et la criminalité associée menacent le droit à la vie inscrit dans la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (CEDH). Elles ont pour incidence d’ébranler la confiance du public dans les systèmes de santé et dans leurs autorités de surveillance. Cette criminalité liée à la contrefaçon de produits médicaux se propage au niveau mondial et n’épargne aucun pays. Destinée à protéger la santé publique, la convention introduit des sanctions pénales, des mesures de prévention et des mesures de protection des victimes.

Ouverte aux pays du monde entier, la Convention MEDICRIME offre également un cadre de coopération internationale et des mesures destinées à améliorer la coordination au niveau national.

Le 24 septembre 2015, la Guinée a ratifié la Convention MEDICRIME. Il importe maintenant que de nombreux pays deviennent partie à cette convention en vue de permettre une lutte efficace contre les faux médicaments. La Fondation Chirac en fait le plaidoyer.

Aujourd’hui, les pharmaciens du Congo organisent cette journée de sensibilisation sur les faux médicaments.

Pour lutter contre les faux médicaments, il faut bien sûr rendre disponibles, des médicaments de qualité reconnue scientifiquement, dans le système de distribution public et privé, afin que ces médicaments soient accessibles à tous ; il faut également l’implication de tous pour mettre en place des mesures adéquates pour lutter contre les produits de contrefaçon et les réseaux criminels qui profitent de la vulnérabilité des malades ; et enfin, il faut que les professionnels de santé se mobilisent pour faire prendre conscience aux malades des dangers de ces médicaments.

La Journée de sensibilisation organisée aujourd’hui est une action concrète dans la lutte contre ce fléau. Aussi c’est avec une forte conviction que nous nous sommes associés à cette initiative qui permet de faire participer tous les acteurs du système de santé, mais aussi les Douanes, la Police et des autorités municipales.

Luttons ensemble contre les faux médicaments !
Les médicaments de la rue tuent !

Je vous remercie.

Dernière modification : 14/12/2015

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