Conférence-débat à l’AFD : Le Congo face aux ODD


Le 14 octobre 2016, s’est tenue dans la nouvelle salle de conférence de l’Agence Française de Développement (AFD), une conférence – débat sur le thème : Le Congo face aux objectifs du développement durable : quelle vision du développement ?

Animée principalement par le Professeur Hervé DIATA, Doyen honoraire de la faculté de sciences économiques de l’Université Marien Ngouabi, cette conférence a connu la participation de plusieurs hautes personnalités, notamment le Premier Ministre et le Ministre de l’Enseignement Technique, Professionnel, de la Formation Qualifiante et de l’Emploi, d’anciens ministres, des ambassadeurs et représentants du corps diplomatique, des représentants des organismes du Système des Nations Unies, des institutions financières internationales, du secteur privé, des ONG, des directeurs généraux des sociétés d’Etat, des conseillers des ministres, etc.

La conférence - débat a connu quatre moments forts à savoir :

1/ le mot de bienvenue du Directeur de l’AFD
2/ le mot de circonstance de l’Ambassadeur de France au Congo
3/ l’exposé du conférencier principal, suivi des débats et d’une conclusion du 1er ministre lui-même
4/ la photo de famille

S’agissant du mot de bienvenue du Directeur de l’AFD, ce dernier a dit en substance que l’AFD souhaite donner aux Congolais qui réfléchissent depuis longtemps sur la problématique du développement de leur pays, un lieu d’expression nouveau, leur permettant d’exprimer leurs points de vue et de dialoguer avec un public de spécialistes ou de décideurs. Les sujets traités lors de ces conférences seront proposés et présentés par les Congolais eux – mêmes, sous l’angle de la prospective. Il s’agit de donner la parole aux Congolais afin qu’ils puissent eux-mêmes diffuser leurs propres travaux, sans être influencés de l’extérieur. Il a fini son propos en remerciant vivement tous les participants.

L’Ambassadeur de France s’est félicité à son tour de cette initiative. L’époque des programmes d’ajustement structurel imposés de l’extérieur est révolue a–t-il notamment indiqué. C’est pourquoi il est si important, dans cette période difficile pour le Congo sur le plan économique et financier, que les Congolais eux-mêmes réfléchissent et programment leur futur modèle de développement.

S’agissant de l’exposé du conférencier principal, celui – ci s’est articulé sur deux points principaux :
-  le programme de développement durable à l’horizon 2030 : contenu et vision sous-jacente ;
-  les implications pour le Congo – Brazzaville.
Après avoir rappelé le contexte politique, économique, financier, social et humain du Congo, le conférencier principal s’est interrogé sur l’existence d’une vision du développement au Congo et sur la possibilité d’integrer les objectifs du développement durable et la vision qui les sous – tend dans la vision nationale du développement. Il a défini le concept de vision du développement comme une manière particulière de représenter ou d’envisager le développement tant dans ses finalités, les modalités de sa réalisation que dans les résultats auxquels ce processus devrait aboutir.

S’agissant du premier point de son exposé, les 17 objectifs du développement durable (ODD) ont été égrenés ainsi que la vision qui leur est sous-jacente

Le second point de l’exposé relatif aux implications pour le Congo – Brazzaville évoque les enseignements tirés de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et décline les caractéristiques de l’émergence, les priorités du développement durable, le conflit de rationalités susceptible de voir le jour lorsqu’on essaie d’intégrer la vision et les objectifs du développement durable aux priorités nationales du développement. A cet égard, le conférencier a insisté sur la nécessité pour le plus grand nombre de participer à la définition et au choix des priorités, car seule une telle participation peut conférer toute sa signification à la rationalité du développement, entendue comme l’ordonnancement d’un ensemble de fins et de moyens dominé par l’une de ces fins à savoir le développement.

Pour conclure, le conférencier principal a dit qu’il existe une pluralité de visions du développement en fonction des angles de vue adoptés. Les ODD reposent sur une très large vision du développement prenant en ligne de compte toutes les dimensions de la vie. L’émergence et le développement durable peuvent se compléter utilement, et toute vision du développement devrait s’appuyer sur l’essence de ce dernier qui est d’être « un processus d’actualisation des potentialités individuelles et collectives en vue de l’amélioration du rapport humain à la matière ».

Après la présentation du conférencier principal, la parole a été donnée aux participants pour les débats. Au total, 4 personnes ont eu l’opportunité de s’exprimer. Il s’agit :

-  du Professeur Richard BILECKOT, Inspecteur Général au Ministère de la Santé et de la Population, qui s’est interrogé sur le cadre institutionnel et l’horizon de planification des ODD, ainsi que sur le lien entre ces derniers et l’indicateur de développement humain.
- de Madame Agnès ROSSETTI (ONG Initiative Développement), qui s’est appesantie sur le développement local et a souhaité savoir si la décentralisation n’est pas un moyen de réalisation du développement durable au Congo.
-  de Madame Emilienne RAOUL, Ancienne ministre des affaires sociales, a voulu savoir pourquoi le centre de recherches et de prospective de l’INSSEJAG (actuelle Faculté des sciences économiques de l’Universite Marien NGOUABI) avait fermé ses portes et pourquoi les décideurs ne se nourrissent pas des travaux de l’université.
-  de Monsieur Henri OSSEBI, ancien Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et technique, qui a souligné la nécessité de procéder à une évaluation des OMD pour envisager la prise en compte des ODD sur des bases plus sûres ; il a également suggéré l’orientation de la réflexion dans le sens d’une vision géostratégique et multidisciplinaire du développement durable.

En réponse à ces quatre interventions, Hervé DIATA a donné les précisions suivantes :
- la planification des OMD s’étant déroulée dans un cadre multisectoriel avec un secrétariat permanent logé à la Direction Générale du Plan et du Développement, on peut penser qu’un cadre similaire sera utilisé pour la planification des ODD ;
- l’horizon temporel des ODD étant de trente ans et celui de la planification nationale de cinq ans, l’atteinte des ODD pourrait s’étaler sur six plans quinquennaux ;
- bien avant que l’on ne parle d’ODD, le PNUD avait déjà mis en exergue le concept de Développement Humain Durable (DHD) voulant ainsi souligner la nécessité de prendre en compte non seulement la dimension humaine du développement, mais aussi sa durabilité qui est déterminée par plusieurs facteurs tels que la reproduction des écosystèmes, l’efficacite des institutions, la réduction des inégalités, etc. ;
- la décentralisation figure en bonne place dans l’agenda 2030 comme une des principales modalités de réalisation des ODD ; la République du Congo également en fait, depuis plusieurs années, un des axes stratégiques de son développement ;
- il semble que le centre de recherches et prospective n’ait pas survécu à Hilaire BABASSANA qui en avait eu l’initiative : c’est regrettable ;
- peut - être les universitaires et les chercheurs congolais devraient-ils davantage diffuser les résultats de leurs recherches pour susciter l’intérêt des décideurs publics et privés pour ceux- ci ;
- le PNUD publie, tous les deux ou trois ans, depuis 2004, un rapport sur les OMD en République du Congo ; au niveau africain, l’évaluation est faite périodiquement par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique et au niveau mondial par le siège ;
- les dimensions géostratégique et multi disciplinaire doivent en effet être prises en compte car, autant la pauvreté est multidimensionnelle, autant les déterminants de la durabilité du développement ne sauraient être appréhendés dans le cadre restreint d’un pays.

Le Premier Ministre a souhaité conclure les débats. Le Premier ministre a d’abord salué l’initiative prise par l’AFD qui consiste à organiser ce type de séminaires. Il a ensuite appuyé, en les étayant ou en les illustrant par des exemples, certaines assertions avancées par le conférencier. Enfin, il s’est proposé d’encourager les membres du Gouvernement à participer à ces conférences – débats organisées à l’AFD.
Une photo de famille a été prise devant le bâtiment de l’AFD avec tous les participants (une cinquantaine) et un cocktail servi à la villa de Direction de l’AFD.

Débutée à 11 h 25 min, la conférence - débat a pris fin à 12 h 40 min.

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Le Premier Ministre et Monsieur DIATA Hervé entourés des principaux participants

Dernière modification : 04/11/2016

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