Célébrations du 14 juillet à Brazzaville - discours de l’Ambassadeur

"Pour la première fois, ce soir, l’honneur m’est donné de vous accueillir, avec ma femme et l’ensemble de mes collaborateurs et collaboratrices, à la Case de Gaulle, pour célébrer le 14 juillet.
Parmi ces collaborateurs, je ferai une mention particulière du Premier conseiller, Franz Coïdan, qui vient de prendre ses fonctions et auquel j’adresse mes vœux de plein succès.

Un quart de siècle, déjà, nous sépare du bicentenaire de la Révolution française qui avait été, beaucoup d’entre vous s’en souviennent, l’occasion de mettre en exergue le triptyque qui nous est cher : « liberté, égalité, fraternité », valeurs universelles qui justifient toujours, de par le monde, une action engagée pour qu’elles soient respectées. La chaîne est longue de celles et ceux qui, dans le passé, en ont été les acteurs persévérants. Ici, à Brazzaville, je rappellerai les convictions de Savorgnan de Brazza dont les rapports humains avec les collectivités africaines qu’il abordait étaient empreints de ces valeurs. Dans cette approche novatrice, il s’inscrivait en décalage avec nombre de ses contemporains impliqués sur le continent africain, il en a subi les conséquences avant que ne soit reconnue la pertinence de sa vision alors que sa trop brève existence allait s’achever.

L’hommage qui lui a été rendu par la République du Congo, à l’initiative de S. Exc. Monsieur le Président de la République, porte témoignage de la reconnaissance qu’il a justifiée. Ce sont aussi les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui inspiraient le Général de Gaulle, chef de cette France Libre qui a trouvé, ici, son indispensable légitimité territoriale en même temps que les enfants du Congo allaient être nombreux à combattre et, pour certains, à donner leur vie, pour que la France recouvre sa liberté.

Cette histoire partagée constitue aujourd’hui un ciment solide entre nos deux pays. Nous continuons d’y faire référence, régulièrement, dans le devoir de mémoire auquel doivent s’associer les nouvelles générations pour entretenir un idéal de paix. Nous le ferons pour marquer le centenaire de la Première Guerre mondiale, en août prochain, sur les rives de la Sangha, à Mbirou où Français et Allemands se sont affrontés, le 22 août 1914. Avec le soutien apprécié des autorités congolaises, le monument érigé au lendemain de la guerre est maintenant restauré. Autour de lui se retrouveront les trois pays concernés, Congo, Allemagne et France, pour rappeler le souvenir de ceux qui sont tombés comme l’avait rappelé aussi, dans un registre différent, le roman de Bernard Zoniaba « Le rescapé de Mbirou ». Je me félicite de sa réédition dont l’initiatrice est parmi nous. Je remercie, en outre, le Dr Axel Ramel qui, en hommage aux Poilus de la Grande guerre, dont ses deux aïeux, a offert deux palmiers royaux destinés à être plantés à la Case de Gaulle.

Aujourd’hui, c’est à Paris que le centenaire de 14-18 a été à l’ordre du jour avec la présence des représentants des chefs d’Etat et la participation au défilé, de quelque 80 pays impliqués dans la Grande Guerre. Parmi eux, le Congo dont la délégation a été dirigée par le ministre à la Présidence de la République chargé de la Défense nationale et dont l’un des jeunes gens qui ont participé au tableau final du défilé, un enfant de troupe, a eu le privilège d’échanger avec le Président François Hollande.

Ce ciment que j’évoquais laisserait un sentiment de stérilité s’il ne constituait pas le socle d’une relation riche de nombreux développements, dans sa permanente actualité.

Notre relation politique, dont l’une des constantes est la recherche de la paix et de la sécurité en Afrique, s’affirme avec vigueur dans les efforts menés, de concert avec nos autres partenaires, en vue de résoudre la crise en République centrafricaine. Notre plein soutien va à la médiation que dirige de manière éminente le Président Denis Sassou N’Guesso et nos vœux l’accompagnent dans la nouvelle configuration de cette médiation et dans la conduite des rencontres successives qui jalonneront, notamment à Brazzaville, le chemin devant conduire à une paix retrouvée. L’appui de la France sera par ailleurs illustré dans la mise en condition opérationnelle, par les Forces françaises au Gabon, du contingent congolais qui participera à la MINUSCA. Cette action s’inscrira en parfaite harmonie avec le concours apporté par les Etats-Unis. Notre coopération de sécurité et défense viendra aussi contribuer à l’exercice LOANGO qui se déroulera, en septembre, au Congo, dans le cadre de la CEEAC.

De manière également significative, l’étroitesse de nos relations économiques et commerciales s’inscrit en cohérence avec les multiples facettes de notre présence. Quelque 180 entreprises ayant des intérêts français, associés pour certaines d’entre elles à des intérêts congolais, opèrent dans le pays et emploient 15.000 salariés, pour la plupart congolais. Avec, en 2013, 581 M € d’exportations vers le Congo, et 425 M € d’importations, la France figure au nombre des tout premiers partenaires économiques du pays ; elle occupe d’ailleurs la première place comme investisseur avec des investissements directs se montant, fin 2012, à 3 Md €. Ces chiffres montrent combien nous sommes perçus au nombre des partenaires économiques et commerciaux préférés des Congolais. Le demeurer suppose que nos entreprises soient les meilleures ce à quoi je les appelle régulièrement, en particulier celles que j’ai eu le plaisir d’accueillir dans le cadre de missions venues de France.

Une relation que nous voulons étroite et confiante unit à cette ambassade nos entreprises établies au Congo. Elle leur permet de nous faire part de leurs succès, de leurs projets mais aussi de leurs préoccupations lorsqu’il en existe. Dans ce dispositif, jouent un rôle important les conseillers du commerce extérieur de la France. Ces chefs d’entreprise contribuent, bénévolement, à la réflexion sur notre diplomatie économique, thème prioritaire de l’action déployée par nos ambassades. La section des CCEF au Congo justifie toute mon appréciation par son dynamisme et la pertinence de ses analyses. Il m’appartient, maintenant, de saisir cette occasion pour exprimer mes vifs remerciements au groupe d’entreprises françaises dont les contributions généreuses ont permis d’organiser cette réception. Je leur en suis particulièrement reconnaissant.

Cette vitalité de nos entreprises dans un pays dont les ambitions légitimes visent à l’émergence économique va de pair avec l’appui que la France se doit d’apporter dans le cadre d’une coopération concertée avec le Congo. Les acteurs, du côté français, en sont l’Agence française de développement et l’ambassade à travers son service de Coopération et d’Action culturelle. Evénement le plus marquant, au cours des derniers mois, la revue à mi-parcours du 1er contrat de désendettement-développement, le C2D, vient de faire l’objet d’une mission qui en a évalué la mise en œuvre par l’Agence française de Développement, portant sur quelque 50 Mds de FCFA affectés à trois secteurs, les infrastructures, la santé et la formation professionnelle. Cette même mission a engagé avec les autorités congolaises les discussions destinées à définir ce que sera le second et ultime C2D qui devrait permettre de déployer environ 100 Mds de F CFA répartis entre infrastructures et développement humain. Parmi les projets en cours de réalisation figure l’extension de l’emblématique route de la Corniche entre la Case de Gaulle et le pont du Djoué. Ce prolongement sera réalisé à l’identique des précédents tronçons avec deux voies dans chacun des deux sens.

Dans le domaine de la coopération culturelle, l’Institut français du Congo, à travers ses deux établissements de Brazzaville et de Pointe-Noire, entend développer plus encore ses activités hors-les-murs en nouant des partenariats qui permettront de s’adresser à de nouveaux publics, en particulier à la jeunesse ; il en est, notamment ainsi, en direction de Dolisie. Je souhaite faire mention, enfin, de l’intérêt que porte notre ambassade, comme toute autre ambassade de France dans le monde, aux droits de l’homme ; à ce titre, le service de Coopération et d’Action culturelle en partenariat avec la délégation de l’Union européenne et avec l’appui de l’Institut international des Droits de l’homme implanté à Strasbourg, organisera en décembre prochain, à Brazzaville, une session régionale de formation sur le droit des personnes et populations vulnérables.

L’ampleur des échanges qui, dans tous les domaines, unissent nos deux pays témoigne de la réussite du chemin parcouru ensemble et de notre aptitude commune à en surmonter les embûches. La France est déterminée à poursuivre dans ce sens et à apporter son soutien à un développement déjà largement engagé qui ira plus loin encore grâce à la nécessaire diversification de l’économie, celle-là même qui exige l’émergence de nouvelles compétences au sein de la population. C’est pourquoi, et sans exclusive, je ne cesserai de plaider pour que fleurissent plus encore les formations qualifiantes, composante non négligeable d’un développement humain qui bénéficiera certes aux individus en même temps qu’à la collectivité. J’ai eu le témoignage, à travers mes déplacements dans le pays, que cela était possible.
Puissent les Congolais et les Congolaises savoir privilégier cette approche dont ils tireront le meilleur parti pour améliorer la qualité de leur vie, un objectif dont je sais qu’il est cher aux plus hautes autorités.
Vive la coopération et l’amitié entre la République française et la République du Congo.
Je vous remercie."

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Dernière modification : 17/07/2014

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